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France : la stratégie numérique de l'État mise en œuvre par la DINUM est illisible et les logiciels proposés sont excessivement coûteux, instables et peu utilisés,
Selon un rapport de la Cour des comptes

Le , par Mathis Lucas

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6  0 
France : la stratégie numérique de l’État mise en œuvre par la DINUM est illisible et les logiciels proposés sont excessivement coûteux, instables et peu utilisés
selon un rapport de la Cour des comptes

Le dernier rapport de la Cour des comptes sur l'état de la direction interministérielle du numérique (DINUM) livre un bilan désastreux. Le rapport souligne en effet que l’instabilité administrative et stratégique de la Dinum nuit à sa capacité de pilotage de la transformation numérique de l’État. La DINUM manquerait de ressources humaines qualifiées. Le service a développé une suite de logiciels qu'il appelle « la suite numérique de l’agent public », mais malgré des investissements importants, elle n'a jamais été largement adoptée par les agents de l'État. Les logiciels de la DINUM, tels que Tchap, Resana, Osmose, etc., ont un coût très élevé pour une faible valeur ajoutée.

Créée en 2019, la DINUM est l’héritière de plusieurs directions interministérielles qui, depuis 2011, assurent la transformation numérique de l’action publique, au gré de rattachements politiques et administratifs très variables. La direction a, dans ce contexte déjà mouvant, changé à plusieurs reprises d’axes stratégiques, altérant la continuité des actions engagées et rendant peu lisible la stratégie de l’État. Selon la Cour des comptes, l'agence doit encore consolider sa légitimité. Le dernier rapport de la Cour des comptes est intitulé "Le pilotage de la transformation numérique de l’État par la DINUM" et tire les conclusions suivantes :

TECH.GOUV : une stratégie éclatée et arrêtée prématurément sans véritable évaluation

TECH.GOUV est une stratégie numérique adoptée en 2019 par la DINSIC (la prédécesseure de la DINUM). Elle est articulée autour de six objectifs : la simplification des démarches ; la réduction des fractures territoriales et administratives ; une meilleure attractivité des ressources humaines du numérique au sein de l’État et une simplification du quotidien des agents publics ; l’accroissement de l’autonomie et de la sécurité numérique de l’État ; l’optimisation des dépenses publiques et le développement des partenariats avec la société civile. Mais cette stratégie a très vite été abandonnée à la suite d'un changement dans l'agence.


TECH.GOUV était censé durer trois ans au départ. Mais malgré une actualisation de la stratégie en septembre 2021 qui devait la faire courir jusqu’en mai 2022, la stratégie TECH.GOUV a été de facto interrompue en janvier 2022 avec le départ du directeur interministériel. Cet arrêt soudain montre que cette stratégie n’avait fait l’objet que d’une appropriation très limitée par les agents, les ministères et les administrations partenaires. « TECH.GOUV n’a pas été évalué : à ce jour, un seul bilan intermédiaire est disponible, réalisé lors de l’actualisation de cette stratégie en septembre 2021 », indique le rapport de la Cour.

Cette stratégie se décline en deux axes et huit missions, elles-mêmes décomposées en 35 programmes. En prenant uniquement en compte les 45 indicateurs prévus dès 2019, seuls 14 étaient complètement atteints à la mi-2021. De plus, 18 objectifs devaient être soit définitivement déployés, soit lancés en 2022. La période d’intérim du directeur, qui a duré neuf mois, explique en partie les flottements sur la continuité du projet TECH.GOUV au cours de l’année 2022.

La suite numérique de l’agent public : un produit souverain peu convaincant

La DINUM est engagée dans le développement de la « suite numérique de l’agent public », conçue pour améliorer l’efficacité et la fluidité du travail quotidien des agents de l’État, quel que soit leur ministère. Mais les observations sur le terrain sont encore très loin des résultats escomptés. Les outils interministériels développés par la DINUM ont "un coût très élevé" et à peine 16 % des agents publics d’agents s’en déclarant « très satisfaits ».

Pendant la pandémie de Covid-19, la DINUM a fourni un ensemble de produits numériques interministériels regroupés sous le nom de « sac à dos numérique de l’agent public » (SNAP) financés par le plan de relance. Selon le rapport de la Cour des comptes, cette suite bureautique applicative s’appuyait sur les produits interministériels existants portés par des ministères ou la DINUM, offrant une alternative souveraine face aux solutions du marché.

Le SNAP a évolué en 2023 vers un projet de « suite numérique » unifiée, en « open source » et souveraine, qui irait au-delà des seuls logiciels d’échange (messagerie instantanée « Tchap », Audioconférence, Webconférence et Webinaire de l’État) et de communautés professionnelles en ligne (« Osmose » et « Resana »), afin de créer de nouvelles briques de messagerie, stockage et d’édition collaborative interministérielle. Dans la pratique, cette suite s'avère peu usitée.

La Cour des comptes juge plutôt bon le niveau de satisfaction de ces outils interministériel, même si le taux d’agents s’en déclarant « très satisfaits » ne dépasse jamais 16 %. Par ailleurs, les statistiques d’impact des produits interministériels, si elles font l’objet d’une communication transparente, ne sont pas encore totalement consolidées.

Un coût très élevé pour un résultat mitigé

Selon le rapport de la Cour des comptes, la suite numérique de l’agent public présente un coût important. D’une part, le coût total de déploiement était, à la fin de l’année 2023, de près de 9,3 M€ (concentré sur Tchap à 60 %). D’autre part, le coût annuel en maintenance était de 5 M€ (dont 40 % pour Tchap), sans compter les éventuels coûts des astreintes sur certains projets. Les réflexions autour des gains liés à la mutualisation des produits interministériels sont en cours.


La DINUM affirme que ce niveau de dépenses doit être relativisé. Elle estime en effet que les dépenses engagées pour des licences privées ouvrant l’accès à une suite numérique (bureautique, messagerie, échange de fichiers) s’échelonnent entre 300 et 590 euros par an et par agent. Selon le rapport de la Cour, à ce jour, la suite numérique a un coût d’un peu moins de 15 M€ pour une utilisation en moyenne par moins de 200 000 agents, soit environ 75 € par agent et par an.

Pour autant, la suite numérique de l’agent public demeure une offre peu lisible et instable, qui reste inconnue de la plupart des agents. D’après le baromètre de l’agent public de 2022, ces outils sont en effet méconnus et inutilisés par la plupart des agents publics, soit près de 70 % des agents.

Une solution souveraine peu connue

Les outils la suite numérique de l'agent public peinent à trouver un large public, qui reste concentré dans certaines administrations. C’est le cas de la messagerie instantanée Tchap. Depuis sa création en 2019, le nombre de messages échangés a connu un pic en janvier 2022 (4,8 millions), puis a décru pour s’établir autour de 3 millions de messages en décembre 2023. Ces derniers ont été envoyés à hauteur de 26 % par des agents de la direction générale des finances publiques (DGFiP).

Environ 8 % des messages ont été envoyés par des agents de l’Insee et 7 % par des agents de la gendarmerie. Au total, moins de 190 000 agents utilisent activement Tchap, même si le nombre d’utilisateurs actifs a progressé de 30 % en 2023 (environ 100 000 utilisateurs actifs début 2022). Tchap reste en effet très peu utilisé à l’extérieur de l’administration (3,3 % des utilisateurs actifs en 2023), rendant difficile la communication hors de ce périmètre.

Et malgré des investissements publics importants consentis pour développer l’usage de ce produit (5,6 M€ en coût de réalisation entre 2021 et 2023 et 1,85 M€ en coût de maintenance estimé en 2024), la Première ministre a demandé, en novembre 2023, aux membres du Gouvernement et des cabinets ministériels de privilégier une alternative privée, « Olvid » à l’utilisation de Tchap. Une recommandation qui ne participe pas à la popularisation de la solution souveraine.

Le nombre de réunions organisées via l’outil « Audioconférence » n’a cessé de décroitre depuis un pic à 18 500 en janvier 2022, pour atteindre à peine 8 000 réunions en novembre 2023. « Webconf de l’État » est davantage utilisé, avec une augmentation importante du nombre de conférences entre février 2020 (moins de 3 000) et novembre 2023 (environ 79 000). Enfin, l’outil « Webinaire de l’État » a atteint un plafond autour de 5 000 webinaires par mois depuis la fin de l’année 2022.

Risque d'une baisse de qualité de service

La Cour des comptes souligne dans son rapport que l’offre de produits est parfois peu lisible. À titre d’exemple, « Resana » et « Osmose » constituent deux services relativement similaires, proposant des plateformes collaboratives pour les agents publics. La coexistence de ces deux produits est liée au contexte de la crise sanitaire : la DINUM a ouvert, en urgence, plusieurs services pour fournir des outils permettant le travail à distance à l’ensemble des agents.

Au printemps 2020, aucune des deux plateformes n’était en capacité d’accueillir l’ensemble des agents sans risque opérationnel majeur. Le choix a été fait de proposer les deux services afin d’être en mesure d’augmenter les capacités au niveau des infrastructures et de l’architecture logicielle et d’orienter les utilisateurs en fonction des usages recherchés. Quatre ans après son lancement, la DINUM envisage désormais l’arrêt du produit Osmose, malgré sa diffusion.

Osmose comptait 48 000 utilisateurs actifs au troisième trimestre 2023. Selon la Cour des comptes, cet arrêt pourrait en partie s’expliquer par le fait que l’entreprise qui porte « Osmose » n’est pas favorable à l’idée d’ouvrir au moins une partie du code source (contrairement à l’entreprise qui porte Resana).

Un projet d’arrêt lissé sur une année est envisagé, sans qu’une décision définitive ait encore été prise. Le déploiement plus large de « Resana » aux communautés animées dans le cadre d’Osmose risque également de se faire avec heurts et une baisse de qualité de service pour les agents.

L'intelligence artificielle : un foisonnement d'initiatives non structurées

La transformation numérique de l’État est confrontée à plusieurs défis. « Les initiatives foisonnantes des ministères et de la Dinum sur l’utilisation de l’IA, notamment de l’IA générative, ne sont pas encore articulées autour d’une stratégie de l’IA et ne bénéficient pas des retours d’expériences des précédents projets », indique le rapport.

Le rapport souligne que la DINUM doit assurer la coordination de l’action publique quant aux recherches, expérimentations et déploiements de l’IA au service de l’administration et des usagers. Selon la Cour des comptes, une meilleure coordination avec les actions précédemment entreprises, aujourd’hui insuffisante, est indispensable, au même titre que la mutualisation des investissements, comme l’a appelé de ses vœux la commission de l’IA en mars 2024.

Manque de ressources humaines de qualité pour accomplir la mission

Selon l'évaluation de la Cour des comptes, les effectifs et les moyens dont dispose la DINUM ne permettront probablement pas d’aboutir, dans des délais raisonnables, à des outils susceptibles d’être facilement adoptés par les agents. L'évaluation révèle en effet que quatre ETP [équivalent temps plein (travaillé)] sont chargés de la gestion de l'outil « Webconférence de l’État », trois ETP pour « Webinaire de l’État », 0,5 ETP pour « Audioconférence de l’État ».


Certains produits sont un peu mieux dotés en ressources humaines : 5 ETP pour « AgentConnect » et un peu plus de 13 ETP pour « Tchap ». Au total, la Cour des comptes estime qu'il serait préférable que l’État se concentre sur des produits à forte valeur ajoutée pour les agents et les usagers. Ainsi, elle estime que la plateforme « AgentConnect » mériterait des investissements plus importants, ce que la DINUM indique avoir pour objectif en 2024.

Sur le modèle de « FranceConnect » pour les usagers, la plateforme « AgentConnect » permet aux agents publics d’utiliser, de manière sécurisée, un authentifiant unique pour accéder à plusieurs applications métiers et outils collaboratifs communs à tous les ministères. Toutefois, l'évaluation révèle que malgré son potentiel d’amélioration du quotidien des agents et l’absence d’offre du secteur privé, le nombre d’utilisateurs uniques a très fortement diminué.

La solution a atteint un pic de 22 043 utilisateurs en mars et de 8 015 utilisateurs en décembre 2023. « AgentConnect » était, entre juin 2021 et décembre 2023, utilisé à 66 % pour accéder au portail des applications interministérielles de ressources humaines, contre à peine 13 % pour accéder à « Osmose » et 12 % à « Resana ».

Par ailleurs, il faut noter un fort taux d’équipements numériques des agents publics, qui disposaient en 2022 à plus de 72 % d’un ordinateur portable, à environ 54 % d’un ordinateur fixe, à un peu de moins de 40 % d’un smartphone et à moins de 10 % d’une tablette. Toutefois, près d’un quart (23%) des agents publics se déclarent insatisfaits de leur environnement de travail numérique, notamment pour ce qui concerne le travail à distance.

Les résultats ne sont pas à la hauteur des investissements colossaux

La DINUM dispose depuis mars 2023 d'une nouvelle feuille de route intitulée "Une stratégie numérique au service de l’efficacité de l’action publique". Cependant, la Cour indique que les travaux qui ont abouti à la définition de cette feuille de route n’ont pas tiré des leçons de la stratégie TECH.GOUV.

Citation Envoyé par Extrait du rapport de la Cour des comptes


La création d’un département chargé des produits interministériels, source de potentiels coûts croissants, fait l’objet de craintes renouvelées en résonnance avec l’instabilité passée de l’organisation de la direction. La question se pose donc de savoir si les produits de la « suite numérique de l’agent public », peu connus et peu utilisés et dont le coût devrait continuer à augmenter, seront en mesure, avec les moyens de la DINUM, de concurrencer les offres proposées par le secteur privé, déjà largement adoptées par les agents.

Il est certes souhaitable que l’État dispose d’une solution souveraine de repli en cas de difficultés touchant ces plateformes privées, mais les résultats ne sont pas à la hauteur des investissements réalisés.

Ce nouveau département doit donc faire rapidement la preuve de sa plus-value, non par le développement de produits considérés comme interministériels par la seule DINUM, mais par la réponse à des besoins interministériels avérés, car reconnus comme tels par les administrations. À l’exception de « clubs utilisateurs » pour certains produits, aucun véritable comité de pilotage n’a été formalisé avec les ministères pour recueillir leurs demandes et propositions sur l’ensemble des produits à vocation interministérielle.

Le budget de la DINUM s’élève à 79 M€ d’AE (autorisations d'engagement) et 138 M€ de CP (crédits de paiement) en 2023, dont 16 M€ de dépenses de masse salariale. Le rapport indique que les dépenses de fonctionnement et d’intervention dont la DINUM a la responsabilité font l’objet d’une construction budgétaire complexe. La progression de ses moyens, qui reflète l’extension de ses missions, impose de renforcer le pilotage de sa dépense et la maîtrise de ses risques financiers.

Source : rapport de la Cour des comptes (PDF)

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?
Que pensez-vous du bilan mitigé de la stratégie numérique de l’État mise en œuvre par la DINUM ?
Selon vous, pourquoi les solutions logicielles proposées la DINUM sont-elles instables malgré un coût aussi élevé ?
Qu'est-ce qui pourrait expliquer le faible taux d'adoption des outils proposés par la DINUM dans la suite bureautique de l'agent public ?
Le manque de personnel qualifié au sein de la DINUM est-il à l'origine de ce problème ? Comment y remédier selon vous ?
Que pensez-vous de la recommandation d'utiliser l'application privée « Olvid » au détriment de la solution d'État « Tchap » ?
Comment la DINUM peut-elle rendre la stratégie numérique de l'État plus lisible et développer des logiciels plus adaptés et plus usités ?

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Avatar de der§en
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 10/04/2026 à 19:28
Mieux vaut tard que jamais !
14  0 
Avatar de
https://www.developpez.com
Le 11/04/2026 à 19:30
Citation Envoyé par JackIsJack Voir le message
Un enfer où la rétrocompatibilité n'existe plus, où l'interopérabilité n'existe plus, où l'utilisateur final et ses intérêts n'existent plus...
J'espère pour vous que c'était de l'humour.

Mais peut-être est-il utile de préciser pour l'audience que les logiciels libres et open source sont avant tout centrés sur l'utilisateur et la communauté, qu'ils favorisent l'interopérabilité et ont tendance à assurer la rétrocompatibilité sur des décennies.

Il faut également mentioner que des solutions open source comme DeepSeek n'ont pas renvoyé les Chinois au moyen-âge à 80%, auquel cas, ils se portent plutôt bien.

Pendant ce temps chez Microsoft, non seulement ils continuent à faire du lobbying de haut niveau et de la vente liée, mais en plus ils essaient de forcer leurs utilisateurs à passer à Windows 11 à coups de pop up, sans parler du fait qu'ils sont forcés à sauvegarder leur données dans le Cloud dès le first boot et à utiliser des fonctionnalités IA qu'ils n'ont jamais demandé.

Les Français ont toujours été des précurseurs du logiciel libre et de la souveraineté numérique. Dès 1998 avec Mandrake Linux, et 30 ans plus tard, cela n’a pas changé. L'État français est exemplaire sur ce point.
12  0 
Avatar de Christophe
Responsable Systèmes https://www.developpez.com
Le 14/04/2026 à 18:52
Mais si on commence par le logiciel libre c'est déjà un début non ?
7  0 
Avatar de Christophe
Responsable Systèmes https://www.developpez.com
Le 15/04/2026 à 18:09
je trouve certains logiciels libre bien plus efficaces que les payants. Ce n'est pas une généralité non plus. Mais de toute façon, ils sont gratuits.

Les logiciels libres souffrent souvent d'interfaces que n'apprécient pas les utilisateurs, mais aussi surtout de résistance au changement. Celle-ci peut être justifiée si il y a nécessité de formation mais que les utilisateurs sont livrés à eux-mêmes, ou si on leur impose sans qu'ils y voient d’intérêt.
7  0 
Avatar de richard
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 17/04/2026 à 11:50
Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
Je dirais plutôt que le logiciel libre est un soucis en lui même.
C'est une opinion strictement personnelle qui mérite quelques éclaircissements. On peut en déduire que la plupart des serveurs qui tournent sous un noyau Linux, donc libre, certains sous Debian donc totalement libre (oui je sais qu'on peut mettre des solutions propriétaires sur un Nix, je connais Apple...) sont des
soucis
en [eux-mêmes] ?

On peut en déduire que Postgres est un un
souci en lui même
(j'ai modifié pour corriger la faute), OpenJDK, G++ etc. etc. sont des
soucis
en [eux-mêmes] ? Et tant d'autres, et tant d'autres...

J'ai lu votre texte en lien, globalement l'idée que vous développez est : puisque le matériel n'est pas libre, il ne sert à rien de faire du logiciel libre puisque toute la solution ne sera pas libre et c'est une vision "socialiste" (je résume à grands traits) qui trahit une confrontation idéologique mais qui n'est pas pertinente sur le plan technique. C'est l'argument du "tout ou rien" bien connu en logique et rhétorique : puisqu'on ne peut pas avoir tout, alors autant se résoudre à n'avoir rien. À ce niveau d'argumentation, je me pose des questions. Une pensée nuancée utilise une autre logique : celle de l'incrément. Une solution propriétaire du point de vue du soft et du hard nous fait courir de réels dangers de soumission à des intérêts politiques et économiques opposés aux nôtres, c'est avéré depuis des années. Nous n'avons pas les moyens d'utiliser du hardware libre du moins massivement mais nous avons la possibilité d'utiliser des softs libres en commençant par libérer ce qui est possible et réalisable puis nous verrons s'il convient d'aller plus loin ou pas. Et comment.

C'est un principe systémique : changer un élément d'un système c'est modifier le système beaucoup plus profondément que ce simple changement ne le laissait supposer.

Que l'on soit farouchement opposé au logiciel libre pour des raisons de rentabilité économique c'est compréhensible, mais dans ce cas il faut le dire clairement et ne pas se retrancher derrière des arguments donc la pertinence est douteuse, comme Microsoft l'a fait pendant très longtemps, on se souvient de "Linux est un cancer" qui rappelait la phrase de Staline à propos de son opposant qu'il a fini par faire assassiner : "Trotsky est une vipère lubrique".

Donc, pour l'instant, je peux résumer votre message en "Le logiciel libre est une vipère lubrique". Quelques arguments raisonnables et factuels seraient préférables, le logiciel propriétaire est aussi "une vipère lubrique", c'est une question de point de vue. Mais la raison, elle, suppose que l'on doive penser un peu loin que cela.
6  0 
Avatar de Christophe
Responsable Systèmes https://www.developpez.com
Le 12/04/2026 à 9:50
Je salue la prise de décision. Mais face aux échecs de développement des logiciels de paie des armées, de gestion de plaintes de la police nationale, de RH de l’Éducation Nationale, ne risque-t-on pas, en créant des solutions spécifiques à l'administration française, de rencontrer les même soucis au-delà de la migration vers Linux ?
Si on utilise des équipes efficaces plutôt que payer des consultants à la con ça peut marcher.

Il y a des consultants très bon et efficaces, le prob est plutôt les usines à consulting.
5  0 
Avatar de weed
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 12/04/2026 à 11:59
Citation Envoyé par JackIsJack Voir le message
Je comprends l'impérarif politique mais... Bienvenue en l'enfer.
Un enfer où la rétrocompatibilité n'existe plus, où l'interopérabilité n'existe plus, où l'utilisateur final et ses intérêts n'existent plus...
A quelle enfer penses tu ? Penses-tu à des types de fichier part
Dans un premier temps, il va y avoir une étude qui va être faite pour migrer les solutions vers un format standard du libre. Dans le pire des cas, il y aura toujours des postes sous WIndows en attendant de trouver des solutions.
De plus, il y aura des solutions en mode Web (en "on premise" idéalement, sinon en mode SAAS). Avec ces solutions, un simple navigateur permet d'accéder à l'application, et est donc cross plateforme (à quelques exceptions près)

Citation Envoyé par Play3fr Voir le message
A moins de pouvoir migrer TOUS les PC et TOUS les serveurs, ce qui m'étonnerait, le seul résultat sera un parc hétérogène, avec des Linux bien moins faciles à gérer, tout ça pour pouvoir déclarer publiquement (ou à un directeur qui n'y connaît rien) que la dépendance envers Microsoft a baissé... on en reparlera
Ce serait en effet plus compliqué, mais en effet ce serait une hérésie de tous migrer d'un seul coup. Il y aura toujours des points de blocages sur certains aspects. Donc la méthode la plus efficace est d'y aller et petit à petit, d'être confronter aux problèmes pour pouvoir avancer, et ainsi ne plus dépendre d'une unique entreprise qui est une hérésie totale.
5  0 
Avatar de GregNoSeQue
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 13/04/2026 à 10:57
J'avoue qu'en lisant certaines commentaires comme "bienvenue en l'enfer" et la grande peur du manque d'interopérabilité, ça me rappelle des débats identiques dans ma jeunesse (les années 80-90) entre les pourfendeurs (à l'époque) d'Apple ou de Microsoft autour des formats de traitements de texte (la sacrosainte "machine à écrire".

Pour de très nombreux usages, et chaque fois plus nombreux avec les outils SaaS (Cloud ou OnPremise), mis à part la barrière psychologique, passer d'un ordinateur dont l'OS et/ou les logiciels sont fermés à des solutions libres est semblable à changer d'un véhicule d'une marque à une autre: peut-être que quelques commandes ne sont pas au même endroit, mais ça n'oblige pas à repasser son permis ou à emprunter un réseau routier différent.

Oui, il y a (et aura toujours) des problèmes d'interopérabilités entre logiciels, qu'ils soient propriétaires ou ouverts, et même si ils tournent tous sur le même OS (mes collègues qui travaillent dans l'informatique de santé peuvent en témoigner).
La question est si on préfère dépenser notre énergie (et nos deniers) pour suivre des standards "de fait" (comme dans le cas des suites bureautiques les formats Office Open XML qui n'ont d'open que le nom et sont contrôlés par un seul acteur) ou suivre, voire contribuer, à des standards "concertés" (comme les formats OpenDocument) ?

Oui, il a beaucoup de progiciels qui ne tournent que sous un OS, souvent de la famille MS Windows, car l'opportunité de marché des autres OS leur semblent moindre.
Ça me semble donc important que des acteurs "de poids", comme des services étatiques (mais pas que), aident à rééquilibrer/orienter ces marchés.

Pour ceux qui en doutent, parmi l'administration comme ailleurs, il y a des collectifs d'agents qui œuvrent déjà pour un plus grand usage des solutions libres - sans prôner une bascule complète du jour au lendemain.
Par exemple, ces deux émissions du podcast Libre à vous parle de ce sujet:
- #232 - Le collectif Alpes Numérique Libre (21/01/2025) - https://www.libreavous.org/232
- #128 - La politique logiciel libre d’Échirolles (18/01/2022) - https://www.libreavous.org/128
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 14/04/2026 à 9:53
Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
Le discours de la souveraineté est assez faussé car nous ne serons jamais souverains pour le hardware, qui surplante le software, que le software soit libre ou propriétaire.
Quand on doit reconstruire une maison, il faut bien recommencer par quelque part !!!

Avec votre état d'esprit, il y a bien longtemps que tous le continent européen de Lisbonne à Moscou parlerait allemand!
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Avatar de Cpt Anderson
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 14/04/2026 à 15:05
Quid du materiel ? parce que tous les hubs, les routers, etc sont du matos US. Tout du matos Cisco. Va-t-on en changer ?
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