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France : la stratégie numérique de l'État mise en œuvre par la DINUM est illisible et les logiciels proposés sont excessivement coûteux, instables et peu utilisés,
Selon un rapport de la Cour des comptes

Le , par Mathis Lucas

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6  0 
Le dernier rapport de la Cour des comptes sur l'état de la direction interministérielle du numérique (DINUM) livre un bilan désastreux. Le rapport souligne en effet que l’instabilité administrative et stratégique de la Dinum nuit à sa capacité de pilotage de la transformation numérique de l’État. La DINUM manquerait de ressources humaines qualifiées. Le service a développé une suite de logiciels qu'il appelle « la suite numérique de l’agent public », mais malgré des investissements importants, elle n'a jamais été largement adoptée par les agents de l'État. Les logiciels de la DINUM, tels que Tchap, Resana, Osmose, etc., ont un coût très élevé pour une faible valeur ajoutée.

Créée en 2019, la DINUM est l’héritière de plusieurs directions interministérielles qui, depuis 2011, assurent la transformation numérique de l’action publique, au gré de rattachements politiques et administratifs très variables. La direction a, dans ce contexte déjà mouvant, changé à plusieurs reprises d’axes stratégiques, altérant la continuité des actions engagées et rendant peu lisible la stratégie de l’État. Selon la Cour des comptes, l'agence doit encore consolider sa légitimité. Le dernier rapport de la Cour des comptes est intitulé "Le pilotage de la transformation numérique de l’État par la DINUM" et tire les conclusions suivantes :

TECH.GOUV : une stratégie éclatée et arrêtée prématurément sans véritable évaluation

TECH.GOUV est une stratégie numérique adoptée en 2019 par la DINSIC (la prédécesseure de la DINUM). Elle est articulée autour de six objectifs : la simplification des démarches ; la réduction des fractures territoriales et administratives ; une meilleure attractivité des ressources humaines du numérique au sein de l’État et une simplification du quotidien des agents publics ; l’accroissement de l’autonomie et de la sécurité numérique de l’État ; l’optimisation des dépenses publiques et le développement des partenariats avec la société civile. Mais cette stratégie a très vite été abandonnée à la suite d'un changement dans l'agence.


TECH.GOUV était censé durer trois ans au départ. Mais malgré une actualisation de la stratégie en septembre 2021 qui devait la faire courir jusqu’en mai 2022, la stratégie TECH.GOUV a été de facto interrompue en janvier 2022 avec le départ du directeur interministériel. Cet arrêt soudain montre que cette stratégie n’avait fait l’objet que d’une appropriation très limitée par les agents, les ministères et les administrations partenaires. « TECH.GOUV n’a pas été évalué : à ce jour, un seul bilan intermédiaire est disponible, réalisé lors de l’actualisation de cette stratégie en septembre 2021 », indique le rapport de la Cour.

Cette stratégie se décline en deux axes et huit missions, elles-mêmes décomposées en 35 programmes. En prenant uniquement en compte les 45 indicateurs prévus dès 2019, seuls 14 étaient complètement atteints à la mi-2021. De plus, 18 objectifs devaient être soit définitivement déployés, soit lancés en 2022. La période d’intérim du directeur, qui a duré neuf mois, explique en partie les flottements sur la continuité du projet TECH.GOUV au cours de l’année 2022.

La suite numérique de l’agent public : un produit souverain peu convaincant

La DINUM est engagée dans le développement de la « suite numérique de l’agent public », conçue pour améliorer l’efficacité et la fluidité du travail quotidien des agents de l’État, quel que soit leur ministère. Mais les observations sur le terrain sont encore très loin des résultats escomptés. Les outils interministériels développés par la DINUM ont "un coût très élevé" et à peine 16 % des agents publics d’agents s’en déclarant « très satisfaits ».

Pendant la pandémie de Covid-19, la DINUM a fourni un ensemble de produits numériques interministériels regroupés sous le nom de « sac à dos numérique de l’agent public » (SNAP) financés par le plan de relance. Selon le rapport de la Cour des comptes, cette suite bureautique applicative s’appuyait sur les produits interministériels existants portés par des ministères ou la DINUM, offrant une alternative souveraine face aux solutions du marché.

Le SNAP a évolué en 2023 vers un projet de « suite numérique » unifiée, en « open source » et souveraine, qui irait au-delà des seuls logiciels d’échange (messagerie instantanée « Tchap », Audioconférence, Webconférence et Webinaire de l’État) et de communautés professionnelles en ligne (« Osmose » et « Resana »), afin de créer de nouvelles briques de messagerie, stockage et d’édition collaborative interministérielle. Dans la pratique, cette suite s'avère peu usitée.

La Cour des comptes juge plutôt bon le niveau de satisfaction de ces outils interministériel, même si le taux d’agents s’en déclarant « très satisfaits » ne dépasse jamais 16 %. Par ailleurs, les statistiques d’impact des produits interministériels, si elles font l’objet d’une communication transparente, ne sont pas encore totalement consolidées.

Un coût très élevé pour un résultat mitigé

Selon le rapport de la Cour des comptes, la suite numérique de l’agent public présente un coût important. D’une part, le coût total de déploiement était, à la fin de l’année 2023, de près de 9,3 M€ (concentré sur Tchap à 60 %). D’autre part, le coût annuel en maintenance était de 5 M€ (dont 40 % pour Tchap), sans compter les éventuels coûts des astreintes sur certains projets. Les réflexions autour des gains liés à la mutualisation des produits interministériels sont en cours.


La DINUM affirme que ce niveau de dépenses doit être relativisé. Elle estime en effet que les dépenses engagées pour des licences privées ouvrant l’accès à une suite numérique (bureautique, messagerie, échange de fichiers) s’échelonnent entre 300 et 590 euros par an et par agent. Selon le rapport de la Cour, à ce jour, la suite numérique a un coût d’un peu moins de 15 M€ pour une utilisation en moyenne par moins de 200 000 agents, soit environ 75 € par agent et par an.

Pour autant, la suite numérique de l’agent public demeure une offre peu lisible et instable, qui reste inconnue de la plupart des agents. D’après le baromètre de l’agent public de 2022, ces outils sont en effet méconnus et inutilisés par la plupart des agents publics, soit près de 70 % des agents.

Une solution souveraine peu connue

Les outils la suite numérique de l'agent public peinent à trouver un large public, qui reste concentré dans certaines administrations. C’est le cas de la messagerie instantanée Tchap. Depuis sa création en 2019, le nombre de messages échangés a connu un pic en janvier 2022 (4,8 millions), puis a décru pour s’établir autour de 3 millions de messages en décembre 2023. Ces derniers ont été envoyés...
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Avatar de der§en
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 10/04/2026 à 19:28
Mieux vaut tard que jamais !
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Avatar de alvi392
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 11/04/2026 à 19:30
Citation Envoyé par JackIsJack Voir le message
Un enfer où la rétrocompatibilité n'existe plus, où l'interopérabilité n'existe plus, où l'utilisateur final et ses intérêts n'existent plus...
J'espère pour vous que c'était de l'humour.

Mais peut-être est-il utile de préciser pour l'audience que les logiciels libres et open source sont avant tout centrés sur l'utilisateur et la communauté, qu'ils favorisent l'interopérabilité et ont tendance à assurer la rétrocompatibilité sur des décennies.

Il faut également mentioner que des solutions open source comme DeepSeek n'ont pas renvoyé les Chinois au moyen-âge à 80%, auquel cas, ils se portent plutôt bien.

Pendant ce temps chez Microsoft, non seulement ils continuent à faire du lobbying de haut niveau et de la vente liée, mais en plus ils essaient de forcer leurs utilisateurs à passer à Windows 11 à coups de pop up, sans parler du fait qu'ils sont forcés à sauvegarder leur données dans le Cloud dès le first boot et à utiliser des fonctionnalités IA qu'ils n'ont jamais demandé.

Les Français ont toujours été des précurseurs du logiciel libre et de la souveraineté numérique. Dès 1998 avec Mandrake Linux, et 30 ans plus tard, cela n’a pas changé. L'État français est exemplaire sur ce point.
10  0 
Avatar de weed
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 12/04/2026 à 11:59
Citation Envoyé par JackIsJack Voir le message
Je comprends l'impérarif politique mais... Bienvenue en l'enfer.
Un enfer où la rétrocompatibilité n'existe plus, où l'interopérabilité n'existe plus, où l'utilisateur final et ses intérêts n'existent plus...
A quelle enfer penses tu ? Penses-tu à des types de fichier part
Dans un premier temps, il va y avoir une étude qui va être faite pour migrer les solutions vers un format standard du libre. Dans le pire des cas, il y aura toujours des postes sous WIndows en attendant de trouver des solutions.
De plus, il y aura des solutions en mode Web (en "on premise" idéalement, sinon en mode SAAS). Avec ces solutions, un simple navigateur permet d'accéder à l'application, et est donc cross plateforme (à quelques exceptions près)

Citation Envoyé par Play3fr Voir le message
A moins de pouvoir migrer TOUS les PC et TOUS les serveurs, ce qui m'étonnerait, le seul résultat sera un parc hétérogène, avec des Linux bien moins faciles à gérer, tout ça pour pouvoir déclarer publiquement (ou à un directeur qui n'y connaît rien) que la dépendance envers Microsoft a baissé... on en reparlera
Ce serait en effet plus compliqué, mais en effet ce serait une hérésie de tous migrer d'un seul coup. Il y aura toujours des points de blocages sur certains aspects. Donc la méthode la plus efficace est d'y aller et petit à petit, d'être confronter aux problèmes pour pouvoir avancer, et ainsi ne plus dépendre d'une unique entreprise qui est une hérésie totale.
4  0 
Avatar de Christophe
Responsable Systèmes https://www.developpez.com
Le 12/04/2026 à 9:50
Je salue la prise de décision. Mais face aux échecs de développement des logiciels de paie des armées, de gestion de plaintes de la police nationale, de RH de l’Éducation Nationale, ne risque-t-on pas, en créant des solutions spécifiques à l'administration française, de rencontrer les même soucis au-delà de la migration vers Linux ?
Si on utilise des équipes efficaces plutôt que payer des consultants à la con ça peut marcher.

Il y a des consultants très bon et efficaces, le prob est plutôt les usines à consulting.
3  0 
Avatar de GregNoSeQue
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 13/04/2026 à 10:57
J'avoue qu'en lisant certaines commentaires comme "bienvenue en l'enfer" et la grande peur du manque d'interopérabilité, ça me rappelle des débats identiques dans ma jeunesse (les années 80-90) entre les pourfendeurs (à l'époque) d'Apple ou de Microsoft autour des formats de traitements de texte (la sacrosainte "machine à écrire").

Pour de très nombreux usages, et chaque fois plus nombreux avec les outils SaaS (Cloud ou OnPremise), mis à part la barrière psychologique, passer d'un ordinateur dont l'OS et/ou les logiciels sont fermés à des solutions libres est semblable à changer d'un véhicule d'une marque à une autre: peut-être que quelques commandes ne sont pas au même endroit, mais ça n'oblige pas à repasser son permis ou à emprunter un réseau routier différent.

Oui, il y a (et aura toujours) des problèmes d'interopérabilités entre logiciels, qu'ils soient propriétaires ou ouverts, et même si ils tournent tous sur le même OS (mes collègues qui travaillent dans l'informatique de santé peuvent en témoigner).
La question est si on préfère dépenser notre énergie (et nos deniers) pour suivre des standards "de fait" (comme dans le cas des suites bureautiques les formats Office Open XML qui n'ont d'open que le nom et sont contrôlés par un seul acteur) ou suivre, voire contribuer, à des standards "concertés" (comme les formats OpenDocument) ?

Oui, il a beaucoup de progiciels qui ne tournent que sous un OS, souvent de la famille MS Windows, car l'opportunité de marché des autres OS leur semblent moindre.
Ça me semble donc important que des acteurs "de poids", comme des services étatiques (mais pas que), aident à rééquilibrer/orienter ces marchés.

Pour ceux qui en doutent, parmi l'administration comme ailleurs, il y a des collectifs d'agents qui œuvrent déjà pour un plus grand usage des solutions libres - sans prôner une bascule complète du jour au lendemain.
Par exemple, ces deux émissions du podcast Libre à vous parle de ce sujet:
- #232 - Le collectif Alpes Numérique Libre (21/01/2025) - https://www.libreavous.org/232
- #128 - La politique logiciel libre d’Échirolles (18/01/2022) - https://www.libreavous.org/128
3  0 
Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 13/04/2026 à 12:13
Citation Envoyé par alvi392 Voir le message
J'espère pour vous que c'était de l'humour.
Non, juste en salarié de microsoft France
2  0 
Avatar de suricata
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 11/04/2026 à 16:01
Je salue la prise de décision. Mais face aux échecs de développement des logiciels de paie des armées, de gestion de plaintes de la police nationale, de RH de l’Éducation Nationale, ne risque-t-on pas, en créant des solutions spécifiques à l'administration française, de rencontrer les même soucis au-delà de la migration vers Linux ?

La DINUM ne part pas de zéro et il faut bien se lancer, mais après un échec de migration d'application, la volonté restera-t-elle la même ?
1  0 
Avatar de OuftiBoy
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 13/04/2026 à 19:29
à toutes et tous,

C'est évidemment une bonne chose que de s'éloigner de solutions étrangères, mais (et je n'ai pas vu de réaction sur ce sujet annexe) même si c'est bonne bonne chose pour une "souveraineté" Européenne, cela signifie également une perte de souveraineté des états, laissant l'UE aux commandes de ce monde numérique de demain. Cela va dans le sens d'une UE qui impose de plus en plus ses vues aux états qui perdront ici encore une partie du peu de souveraineté étatique qu'il ont encore.

Ce serait une avancée magnifique si l'UE se comportait comme un dôme de protection pour TOUS les états. Mais malheureusement, l'UE n'a pas vraiment été exemplaire dans beaucoup de domaines. Une fois cette souveraineté numérique de l'UE installée, elle pourra mettre en place encore plus facilement la surveillance de masse à la Chinoise qu'elle désire.

Je n'ai pas toutes les données ni ne suis au courant de toutes les intentions qui poussent ce projet, très "pro-européen", mais le fait que ce projet soit piloté par un gouvernement Macroniste, qui est à 100% "pro-européen fédérale" désireux de retirer aux états toute trace de souveraineté nationale, fait clignoter une alarme qu'il ne faudrait pas, je pense, prendre à la légère.

Attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, je suis pour une UE, mais plutôt via une coopérations d'états souverains que via une dissolution de la souveraineté des états dans une UE qui, au risque de me répéter, n'a pas vraiment prouvé qu'elle était au service de TOUS les peuples Européens. Par exemple, échanger la souveraineté alimentaire de la France contre la vente de véhicules provenant de l'industrie Allemande n'est pas une bonne chose...

Soit on est souverain en tout, soit on n'est souverain en rien.

Je reste donc prudent suite à cette annonce, qui semble d'ailleurs survenir alors qu'il semble déjà que plusieurs "briques" ont déjà été développées ou sont déjà en cours, alors qu'il me semble qu'il n'y a pas eu le moindre débat sur ce projet, qui concerne quand même chaque citoyen Européen.

Que le meilleur arrive.

BàV et Peace & Love.
1  0 
Avatar de Aspartame
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 23/07/2024 à 21:54
bah ... comme ça on se démarque des autres !

il faut rappeler Cédric, il va nous trouver une solution :p
0  0 
Avatar de mith06
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 24/07/2024 à 9:40
Ce n'est pas sans solution. Plus d'impôts et de réglementation devrait solutionner le problème.
0  0