IdentifiantMot de passe
Loading...
Mot de passe oublié ?Je m'inscris ! (gratuit)

Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

Pendant que la France remplace Teams par Visio, Munich tente une approche différente : un score de souveraineté numérique rappelant le Nutri-Score pour mesurer sa dépendance aux GAFAM

Le , par Stéphane le calme

109PARTAGES

18  0 
À force d’être invoquée, la souveraineté numérique est devenue un concept usé, rarement traduit en décisions techniques concrètes. À Munich, la municipalité tente une approche différente : transformer cette notion politique en indicateur mesurable, suivi dans le temps, capable d’influencer réellement les choix d’architecture et de gouvernance IT.

En clair, pendant que l’Europe multiplie les discours sur son autonomie technologique, Munich choisit de compter plutôt que de proclamer. En créant un score de souveraineté numérique, la ville met en lumière une réalité souvent occultée : sans indicateurs concrets, la souveraineté reste un slogan. Reste à savoir si mesurer suffit à reprendre réellement le contrôle. Une démarche qui interpelle bien au-delà des frontières allemandes.


La souveraineté numérique est devenue un mantra omniprésent dans les discours politiques européens, souvent invoqué à grands renforts de communiqués, mais rarement objectivé. La ville de Munich tente aujourd’hui de sortir de cette abstraction confortable. En annonçant la mise en place de son propre indicateur de souveraineté numérique, la capitale bavaroise fait un pas supplémentaire vers une approche plus technique, plus mesurable et surtout plus opérationnelle de son indépendance numérique.

L’initiative, révélée par la presse allemande spécialisée, marque une rupture avec une logique déclarative longtemps dominante. À Munich, la souveraineté numérique n’est plus seulement un objectif politique, mais un état mesurable, suivi dans le temps, et susceptible d’être amélioré ou dégradé en fonction de décisions concrètes prises par l’administration.

Munich n’en est pas à son premier coup d’essai. Pour les professionnels de l’informatique, la ville reste indissociable de l’épisode LiMux, ce projet emblématique de migration vers Linux et les logiciels libres dans les années 2000, souvent cité comme cas d’école — autant pour ses ambitions que pour ses revers. Si la ville est ensuite revenue partiellement vers des solutions propriétaires, l’idée d’une autonomie technologique n’a jamais complètement disparu de l’ADN municipal.

Ce nouveau score de souveraineté numérique s’inscrit clairement dans cette continuité. Il ne s’agit plus de défendre une posture idéologique en faveur de l’open source, mais de se doter d’outils de pilotage capables de répondre à une question simple et redoutablement concrète : dans quelle mesure l’infrastructure numérique de la ville dépend-elle de fournisseurs, de technologies ou de cadres juridiques extérieurs à son contrôle ?

Un baromètre visuel inspiré du quotidien

La ville allemande a développé son propre instrument de mesure pour évaluer la souveraineté numérique de son parc informatique : le Digital Sovereignty Score (SDS). Une initiative qui s'inscrit dans une démarche stratégique visant à reprendre le contrôle sur ses systèmes d'information.

L'approche munichoise se distingue par sa simplicité apparente. Le SDS ressemble visuellement au Nutri-Score que nous connaissons tous sur nos emballages alimentaires. Mais au lieu d'évaluer la qualité nutritionnelle, il jauge le degré d'indépendance des systèmes informatiques vis-à-vis des fournisseurs individuels et des juridictions étrangères. Cette analogie n'est pas anodine : elle rend accessible au grand public et aux décideurs politiques une problématique technique complexe.

Le développement de cet outil a mobilisé l'expertise de la prestigieuse Université Technique de Munich (TUM), garantissant ainsi une approche scientifique rigoureuse. Cette collaboration entre administration municipale et recherche académique témoigne d'une volonté d'ancrer la démarche dans une méthodologie solide et reproductible.

L’originalité de la démarche munichoise réside dans sa volonté de transformer un concept flou en métrique exploitable. Le score développé par la ville vise à évaluer différents aspects de son système d’information, depuis le degré de dépendance à des éditeurs propriétaires jusqu’à la capacité réelle de migration ou de réversibilité des solutions utilisées.

Contrairement aux audits classiques, souvent ponctuels et limités à un périmètre restreint, ce score a vocation à être suivi dans le temps. Il permet d’observer l’impact réel des décisions d’architecture, des choix de prestataires ou des renouvellements de contrats. Une migration vers une solution cloud extra-européenne, par exemple, ne sera plus seulement évaluée en termes de coûts ou de performances, mais aussi en termes de perte mesurable de souveraineté.

Pour les DSI, cette approche change profondément la nature du débat. Elle introduit un langage commun entre décideurs politiques et équipes techniques, là où la souveraineté était jusque-là souvent invoquée sans traduction concrète dans les architectures systèmes.


Premier bilan : des résultats encourageants mais nuancés

Entre septembre et octobre 2025, le département informatique de Munich a mené une première campagne d'évaluation d'envergure. Sur un total de 2780 services applicatifs municipaux, 194 ont été sélectionnés pour leur caractère particulièrement critique et analysés selon cinq catégories distinctes. Les résultats révèlent un tableau contrasté mais globalement positif. Deux tiers des services évalués (66%) atteignent les niveaux les plus élevés de souveraineté numérique (SDS 1 et 2), démontrant une relative maîtrise de leurs infrastructures critiques. À l...
La fin de cet article est réservée aux abonnés. Soutenez le Club Developpez.com en prenant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-nous-la !

Avatar de Ti-Slackeux
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 09/02/2026 à 16:57
Citation Envoyé par calvaire Voir le message
on a tendance à l'oublier mais c'est un forum francophone, et je pense que la root cause
Mouais ...
6  2 
Avatar de Gluups
Membre expert https://www.developpez.com
Le 25/03/2026 à 17:52
Il faut bien reconnaître, "deutsche Qualität".

En plus, comme ils ont déjà goûté à ce qui va bientôt nous tomber dessus (pas forcément l'année prochaine parce qu'il y a des réticences), ils s'émulent moins mutuellement pour être infectes.
3  0 
Avatar de AoCannaille
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 09/02/2026 à 11:20
Très bonne idée!
Le problème reste que comme la dépendance extérieure (pas qu'aux GAFAM) est par essence subjective (Qu'est-ce qui est "intérieur"? quel est le scope qu'on accepte).
Tendre vers un score parfait impliquerait donc de finir par réinventer la roue par chaque organisation.

J'imagine qu'être entièrement open-source et sans limites d'utilisations (je pense à certains moteurs 3D qui interdisent explicitement l'usage militaire par exemple), c'est déjà pas mal.
Il reste le risque éternel du changement de licence lors d'un changement de version, ce qui potentiellement bloquerait dans une version de plus en plus obsolète.
Je pense par exemple à une proposition de mettre un serment d'hyppocrate dans la licence MIT (https://www.lemondeinformatique.fr/a...rce-99017.html) ce qui pourrait quand même un effet big bang sur l'indicateur.
2  0 
Avatar de AoCannaille
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 09/02/2026 à 15:43
Citation Envoyé par AKAmêmeNom Voir le message
"par essence"

en panne sèche, si je veux utiliser ma bagnole, je dépend "un peu" de la seule station service du coin (horaire, prix, service...)
cette dépendance n'a rien de subjectif par essence.
Tu m'as mis le doute, mais j'utilise l'expression correctement :
https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/essence
Citation Envoyé par Larousse
Littéraire. Par essence, par définition, de par sa nature même : Un postulat est, par essence, indémontrable.
2  1 
Avatar de ALT
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 09/02/2026 à 18:06
Citation Envoyé par AoCannaille Voir le message
Tu m'as mis le doute, mais j'utilise l'expression correctement :
https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/essence
Je confirme, c'est parfaitement approprié !

Quoi : De quoi je me mêle ?
3  2 
Avatar de AKAmêmeNom
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 09/02/2026 à 14:59
"par essence"

en panne sèche, si je veux utiliser ma bagnole, je dépend "un peu" de la seule station service du coin (horaire, prix, service...)
cette dépendance n'a rien de subjectif par essence.
1  1 
Avatar de AKAmêmeNom
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 09/02/2026 à 16:16
le problème que je soulève est celui de subjectivité de la dépendance.

mais vous êtes peut-être hermétique l'humour.

Citation Envoyé par Larousse
hermétique : Se dit de toute fermeture parfaitement étanche et de l'objet qui en est muni.
1  1 
Avatar de weed
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 12/02/2026 à 22:08
Citation Envoyé par AoCannaille Voir le message
Très bonne idée!
Le problème reste que comme la dépendance extérieure (pas qu'aux GAFAM) est par essence subjective (Qu'est-ce qui est "intérieur"? quel est le scope qu'on accepte).
Très subjectif mais il faut bien avancer. Je dirais que l'on peut imaginer des ratios plus ou moins élevés en fonction si l'application proprio est une niche ou très utilisé.
Une applis de niche est moins important à migrer parce que l'on moins répicable et donc moins bénéfique. Il faut arbitrer sur les applis les plus courantes et celles les plus facilement remplaçables
0  0 
Avatar de AKAmêmeNom
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 13/02/2026 à 2:02
- effets de verrouillage par les fournisseurs (vendor lock-in),
- dépendances envers des juridictions étrangères,
- disponibilité de standards ouverts
je ne vois pas ce que ça a de subjectif.

admettons ! La douleur est subective (on ne la ressent pas tous de la même manière), mais on peut la mesurer.
ex: je me pète le genou, j'ai mal.
cette douleur peut être quantifiée selon le degré de handicap qu'elle induit :
- je peux (ou pas) plier ou tendre le genou jusqu'à ce que la douleur m'empêche de compléter librement le mouvement
- combien de fois je peux accomplir le mouvement avant de ne plus supporter la douleur

il y a des gens dont c'est le métier de mesurer une qualité.
0  0 
Avatar de Gluups
Membre expert https://www.developpez.com
Le 13/02/2026 à 8:37
Citation Envoyé par AKAmêmeNom Voir le message
il y a des gens dont c'est le métier de mesurer une qualité.
Et dans le cas du genou, des gens dont le métier inclut de te dire, en gros, combien de temps tu vas avoir mal.

En gros, parce qu'il y a des paliers : très douloureux en permanence, douloureux en permanence, très sensible, sensible ...
La finesse de la prévision ne va peut-être pas jusque là.
0  1