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Euro-Office, le pari européen contre Microsoft promet une compatibilité sans faille, mais ONLYOFFICE coupe court : le fork censé incarner la souveraineté numérique de l'UE déjà sous la menace d'un procès

Le , par Stéphane le calme

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Euro-Office, le pari européen contre Microsoft promet une compatibilité sans faille, mais ONLYOFFICE coupe court :
le fork censé incarner la souveraineté numérique de l'UE déjà sous la menace d'un procès

Une coalition d'entreprises technologiques européennes a annoncé à Berlin le lancement d'Euro-Office, une suite bureautique open source compatible avec les formats Microsoft, présentée comme une réponse directe aux dépendances numériques vis-à-vis des États-Unis. Trois jours plus tard, ONLYOFFICE, le logiciel dont le projet est un fork, accusait publiquement le consortium de violation de licence. Ce qui devait être un moment fondateur pour la souveraineté numérique européenne s'est transformé en une controverse juridique aussi révélatrice que gênante.

Conférence de presse à Berlin, preview technique immédiatement publiée sur GitHub, première version stable annoncée pour l'été 2026 : l'annonce d'Euro-Office a été rodée pour faire effet. Le projet est soutenu par un consortium d'une douzaine d'acteurs européens (IONOS, Nextcloud, EuroStack, XWiki, OpenProject, Soverin, Abilian, OpenXchange, BTactic) et se positionne explicitement comme l'alternative souveraine à Microsoft Office pour les administrations publiques, les entreprises et les établissements d'enseignement.

Achim Weiss, PDG d'IONOS, a résumé la motivation du projet sans détour : « Avec les développements géopolitiques que nous avons observés ces dernières années, il existe un besoin évident d'une solution bureautique souveraine, fiable, pleinement compatible Microsoft et facile à utiliser en Europe. »

Le timing est délibéré. Le lancement intervient alors que de nombreuses organisations réévaluent leur dépendance aux plateformes bureautiques non européennes, non plus seulement sous l'angle du coût ou des fonctionnalités, mais de plus en plus sous celui du contrôle et du risque à long terme. L'Europe n'a pas attendu d'être frappée pour agir : elle a lu le Cloud Act américain de 2018, compris que les centres de données de Microsoft en Allemagne ne mettaient pas les données à l'abri d'une injonction judiciaire américaine, et en a tiré les conclusions.

Frank Karlitschek, PDG de Nextcloud, a formulé le diagnostic clairement : « L'Europe dispose des briques techniques depuis des années. Ce qui manquait jusqu'à présent, c'était une initiative pour les assembler en une solution cohérente et complète. Avec Euro-Office, nous ne partons pas de zéro ; nous prenons la responsabilité d'un élément vital de l'infrastructure numérique. »

Un fork, pas une création ex nihilo

Euro-Office n'est pas une suite bureautique conçue à partir d'une page blanche. Le projet est basé sur ONLYOFFICE, distribué sous licence AGPL, que le consortium présente comme un point de départ préférable à LibreOffice pour plusieurs raisons : une architecture plus moderne, des performances nativement web, et une interface plus proche de celle de Microsoft Office, réduisant ainsi la courbe d'apprentissage pour les utilisateurs habitués à Word, Excel ou PowerPoint.

Le PDG de Nextcloud a été direct sur ce point : « LibreOffice a 35 ans et n'est plus le plus innovant ni le plus fluide. Cela se remarque aussi dans le navigateur. » Le consortium entend néanmoins maintenir une coopération avec Collabora (le dérivé web de LibreOffice), et envisage même d'intégrer certains composants Collabora dans Euro-Office à terme.

Techniquement, Euro-Office n'est pas une suite autonome au sens habituel du terme. C'est un composant d'édition de documents (traitement de texte, tableur, présentation) conçu pour être intégré dans d'autres plateformes comme Nextcloud Hub, Proton Drive, XWiki ou OpenProject. Il prend en charge les formats DOCX, XLSX, PPTX ainsi que les formats OpenDocument, avec coédition collaborative en temps réel.

Pourquoi ne pas avoir collaboré avec ONLYOFFICE plutôt que de le forker ? Le consortium répond directement sur GitHub : contribuer à ONLYOFFICE était « impossible ou fortement découragé », les pull requests n'étaient pas examinées, les instructions de compilation étaient cassées ou obsolètes, et le code contenait des blobs binaires et du code obfusqué. Une critique supplémentaire, géopolitique celle-là : la société derrière ONLYOFFICE est basée en Russie, un pays lourdement sanctionné par la plupart des nations européennes depuis l'invasion de l'Ukraine. Le projet note explicitement que « beaucoup d'utilisateurs et de clients exigent un logiciel qui ne soit pas potentiellement influencé ou contrôlé par le gouvernement russe ».

Pour rassurer, IONOS et Nextcloud ont indiqué avoir audité le code source, et affirment avoir réécrit les composants qui n'étaient pas disponibles en open source. « Nous pouvons répondre de notre version », a déclaré Karlitschek. Weiss a ajouté : « N'importe qui peut le vérifier lui-même. »


La contre-attaque d'ONLYOFFICE : une bombe juridique

Trois jours après l'annonce triomphale, ONLYOFFICE a publié une réponse cinglante. La société déclare que le projet Euro-Office utilise une technologie dérivée de ses éditeurs en violation de ses conditions de licence et du droit international de la propriété intellectuelle.

Le cœur de la controverse porte sur l'AGPL v3 et ses conditions additionnelles. ONLYOFFICE distribue son logiciel sous GNU Affero General Public License v3, assortie d'exigences supplémentaires : la préservation du logo ONLYOFFICE dans les œuvres dérivées, une attribution correcte à la technologie originale, et le respect intégral des obligations de distribution open source. Ces conditions ont été ajoutées le 25 mai 2021.

La position juridique d'ONLYOFFICE, étayée par un avis d'avocat publié dans son intégralité, est la suivante : l'AGPLv3 ne permet pas une application sélective, un utilisateur soit accepte l'AGPLv3 dans son intégralité, conditions additionnelles comprises, soit n'acquiert aucun droit sur le logiciel. Toute suppression ou exclusion unilatérale des conditions imposées en vertu de la Section 7 constitue une utilisation au-delà du périmètre de la licence accordée, et donc une violation.

La position officielle d'ONLYOFFICE est sans ambiguïté : le projet Euro-Office constitue « une violation manifeste et matérielle » de ses conditions de licence. La société exige la pleine conformité immédiate, incluant la préservation du logo, de la marque et de tous les éléments d'attribution requis.

Un débat juridique qui divise la communauté open source

La réaction de la communauté open source est partagée. D'un côté, certains observateurs estiment qu'ONLYOFFICE a un argument juridique solide : les conditions additionnelles de la Section 7 de l'AGPLv3 sont légalement valides, et les ignorer au motif qu'elles seraient « trop contraignantes » ne constitue pas une défense recevable. De l'autre, une partie de la communauté considère que ces conditions additionnelles (notamment l'obligation de conserver le logo d'une entreprise russe dans un logiciel présenté comme souverain et indépendant) sont précisément le type de contraintes qui rendent le fork non seulement légitime, mais nécessaire.
Sur GitHub, le consortium Euro-Office défend sa position : l'initiative « libère la base de code ONLYOFFICE » et vise à créer un logiciel véritablement ouvert, sans les zones d'ombre commerciales qui ont fini par peser sur le projet original.

La question de fond est celle des limites de la copyleft : jusqu'où un titulaire de droits peut-il imposer des conditions qui vont au-delà du simple partage du code, sans transformer une licence open source en instrument de contrôle commercial ? Ce n'est pas un débat nouveau dans l'écosystème du logiciel libre, mais il prend ici une dimension politique particulière. Les conditions d'ONLYOFFICE imposent de conserver la marque d'une entreprise russe dans un produit vendu comme l'incarnation de l'indépendance numérique européenne, une contradiction que le consortium ne pouvait pas accepter sans se décrédibiliser dès le départ.


La dimension géopolitique : plus qu'une suite bureautique

Il serait réducteur de ne voir dans Euro-Office qu'un outil de traitement de texte. Le mouvement pour la « souveraineté numérique » en Europe vise à s'affranchir des produits technologiques contrôlés par les États-Unis et la Chine, y compris les services de Microsoft et Google.

L'analyse des dynamiques à l'œuvre révèle une stratégie cohérente. Euro-Office est conçu pour être intégré dans des solutions de productivité numérique existantes (stockage, calendrier, messagerie, visioconférence) sous gouvernance européenne. IONOS est partie prenante du projet EuroStack et de l'initiative GAIA-X ; Nextcloud offre des plateformes de collaboration complètes. L'architecture est modulaire et complémentaire.

Les signaux nationaux vont dans le même sens : le Danemark a annoncé en 2025 un pilote d'alternatives open source pour ses agents publics, l'Estonie a déclaré que la souveraineté numérique est une question de survie nationale, et l'Allemagne migre progressivement ses administrations fédérales vers des alternatives ouvertes depuis plusieurs années. D'ailleurs, l'Allemagne interdit les formats Microsoft Office dans les documents administratifs au profit des normes ouvertes ODF et PDF/UA. De plus, France et Allemagne ont dévoilé Docs : l'alternative à Google Docs et Microsoft Office 365 a été lancée en open source dans un souci d'indépendance numérique. Euro-Office offre désormais à ces pays une plateforme unifiée vers laquelle migrer, au lieu que chaque État construise sa propre solution en silo.

Une fois en production, Euro-Office remplacera Collabora à l'intérieur de Nextcloud et de l'espace de travail IONOS Nextcloud. C'est un signal fort : les deux principaux promoteurs du projet y croient au point de l'intégrer dans leurs propres offres commerciales.


Ce qui reste à prouver

Malgré l'élan politique et la cohérence stratégique du projet, plusieurs inconnues demeurent. La première est juridique : le litige avec ONLYOFFICE peut ralentir significativement le développement et créer une incertitude suffisante pour dissuader les acheteurs publics les plus prudents. La deuxième est technique : le test immédiat sera de savoir si la preview technique démontre une compatibilité suffisante avec les formats Microsoft pour convaincre les organisations de l'évaluer sérieusement. La facilité de migration et la familiarité de l'interface seront des enjeux centraux, en particulier dans les grandes administrations dotées de processus bien établis.

La troisième inconnue est la plus profonde : l'Europe a déjà connu des initiatives de souveraineté numérique qui ont accouché de peu. GAIA-X a déçu une partie des espoirs placés en lui. Les standards ODF n'ont jamais vraiment supplanté les formats Microsoft dans les échanges quotidiens. Euro-Office peut-il éviter le même destin ? La réponse tient en grande partie à la capacité du consortium à maintenir sa cohésion dans la durée, à attirer des contributeurs extérieurs, et à produire une version stable suffisamment convaincante dès cet été pour enclencher un premier cycle d'adoptions publiques significatives.

Le fait qu'un membre du Parlement allemand figure parmi les personnalités ayant posé à la conférence de presse de lancement n'est pas un détail : il signale que ce projet a déjà une caution politique. Reste à lui donner une réalité technique et juridique à la hauteur de ses ambitions.

Sources : Euro-Office, OnlyOffice

Et vous ?

Les conditions additionnelles de l'AGPL imposées par ONLYOFFICE sont-elles compatibles avec l'esprit du logiciel libre, ou constituent-elles précisément le type de restriction que la GPL cherche à empêcher ?

La compatibilité avec les formats Microsoft (.docx, .xlsx, .pptx) est-elle une force ou un aveu d'échec : en calquant les standards propriétaires de Redmond, l'Europe ne renforce-t-elle pas, paradoxalement, la domination de ces formats ?

Les précédentes tentatives de souveraineté numérique européenne ont souvent buté sur l'adoption réelle par les utilisateurs finals. Quels mécanismes concrets (formation, obligation réglementaire, marchés publics) permettraient cette fois d'éviter l'abandon progressif ?

La dimension géopolitique (s'affranchir de la juridiction américaine, éviter les logiciels russes) peut-elle suffire à motiver des migrations à grande échelle, ou le confort des utilisateurs restera-t-il le principal frein ?
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Avatar de -Lex-
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 01/04/2026 à 20:01
A t'on un audit et des exemples à propos des points critiques adressés au dépôt d'ONLYOFFICE ? Parce que les accusations vont du léger au grave : "Les commentaires sont en russe", "les commentaires de commits pointent vers des outils internes", "du code est obfusqué".

En attendant, il est difficile de considérer Euro-Office comme autre chose qu'un `sed -i 's/ONLYOFFICE/Euro-Office/'` récursif sur le dépôt. Pour moi c'est une nième tentative de maquillage maladroit de l'origine du projet comme il en a toujours existé. Pour des raisons idéologiques mais aussi avec des questions d'égo surdimensionné.

Question subsidiaire : combien a déjà coûté le projet en cabinets de conseils pour trouver le nom et changer le logo ?
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Avatar de OuftiBoy
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 02/04/2026 à 14:20
FatAgnus,

Citation Envoyé par FatAgnus Voir le message
OnlyOffice est dans une mauvaise posture, soit il réussit à empêcher le fork Euro-Office (ce qui est peu probable) et montre au monde entier qu'OnlyOffice n'est pas un vrai projet open source, ce qui le décrédibilise complètement aux yeux de ses clients.
Je ne suis expert en licence "Open Source", mais s'il y est inscrit dans cette "licence" que pour "forker" le projet, il y'a des conditions a respecter, il faut qu'elles soient respectées me semble-t-il ? Surtout venant d'une institution tel que l'UE.

Mais bon, les sociétés fournissant des IA ont bien pompé le net entier, sans respect pour les auteurs, sans respect pour les licences. Alors bon... Que dire...

BàT et Peace & Love.
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Avatar de archqt
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 02/04/2026 à 15:25
Cela fait bien longtemps que l'Europe aurait dû contribuer au code de LibreOffice / OnlyOffice / wine, voire même linux pour s'affranchir de windows/pack office. Quant on voit que cela coûte 264 milliards d'€ par an à la France (sic) https://www.radiofrance.fr/franceint...l-etat-1070957

Il y aurait eu moyen de payer des dizaines d'ingénieurs par pays pour avoir des solutions performantes, et souveraines.
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Avatar de OuftiBoy
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 02/04/2026 à 18:30
FatAgnus,

Citation Envoyé par FatAgnus Voir le message
Effectivement, la licence AGPL permet d'ajouter des conditions, mais ces conditions ne doivent pas contredire les bases même du logiciel libre ! Donc ajouter deux conditions contradictoires, du genre vous êtes obligés de garder notre logo... mais vous n'avez pas le droit de l'utiliser est ridicule. OnlyOffice pourrait aller plus loin dans l’absurde en ajoutant la condition : « vous pouvez utiliser ce logiciel libre, sauf l'utiliser ». Bref, qu'OnlyOffice arrête de bricoler l'AGPL pour essayer de la rendre moins libre.
Comme je le disais, je ne suis pas un "expert" (et de loin) en ce domaine. Mais si la licence permet d'ajouter des conditions (éventuellement contradictoires), c'est plus un problème du 'type" de la licence. Il y'en a tellement que c'est difficile de s'y retrouver. Demander de "garder" le logo d'origine ne me semble pas une contrainte insurmontable, on peut (peut-être) garder le logo de l'origine et en même temps ajouter un autre, du genre (logo EuroOffice) "basé" sur (logo OnlyOffice).

Encore une fois, sans être expert, "Open Source" n'est pas la même chose que "Logiciel Libre" (de la FSF), cela ajoute encore à la difficulté de s'y retrouver, entre les "Logiciels Libres", les logiciels "Open Sources" et les quelques dizaines de type de licence. Bon, l'UE a certainement des avocats qui maîtrisent ce sujet (c'est a espérer en tout cas, sinon c'est de l'amateurisme, ce qui ne me surprendrait pas non plus...).

Mais plus sérieusement, je ne pense pas qu'un outil que l'on veut "souverain" se base sur un "logiciel" qui ne permet pas de "garder secret" certaines parties du code, et devrait plutôt être un projet dépendant d'une "agence" de l'UE et pas d'une quelconque autre organisation, parce que sinon, ben c'est plus "souverain".

On sait que de toute façon, on est fliqué de partout, donc que ce "EuroOffice" soit en quelque sorte "propriétaire" (code source fermé) de l'UE, ne changera pas grand chose.

C'est pas ce que je souhaite, mais c'est un fait.

BàT et Peace & Love.
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Avatar de FatAgnus
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 01/04/2026 à 18:25
OnlyOffice est dans une mauvaise posture, soit il réussit à empêcher le fork Euro-Office (ce qui est peu probable) et montre au monde entier qu'OnlyOffice n'est pas un vrai projet open source, ce qui le décrédibilise complètement aux yeux de ses clients.

Soit Euro-Office réussit son fork, alors OnlyOffice est fragilisé, car personne n'aura intérêt à utiliser OnlyOffice, un logiciel qu'on ne peut pas compiler soit même, qui utilise des blobs binaires et qui refuse les contributions externes.

Euro-Office est certainement la meilleure chose qui puisse arriver à OnlyOffice pour en faire un vrai projet open source, mais Euro-Office devra faire ses preuves, fournir un code source que tout le monde peut compiler, recruter des développeurs expérimentés et montrer que ce n'est pas qu'un projet pilotés uniquement par IONOS et Nextcloud, mais qu'il peut attirer aussi des contributeurs externes et devenir un vrai projet communautaire.
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Avatar de FatAgnus
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 02/04/2026 à 17:15
Citation Envoyé par OuftiBoy Voir le message
:
Je ne suis expert en licence "Open Source", mais s'il y est inscrit dans cette "licence" que pour "forker" le projet, il y'a des conditions a respecter, il faut qu'elles soient respectées me semble-t-il ? Surtout venant d'une institution tel que l'UE.
Effectivement, la licence AGPL permet d'ajouter des conditions, mais ces conditions ne doivent pas contredire les bases même du logiciel libre ! Donc ajouter deux conditions contradictoires, du genre vous êtes obligés de garder notre logo... mais vous n'avez pas le droit de l'utiliser est ridicule. OnlyOffice pourrait aller plus loin dans l’absurde en ajoutant la condition : « vous pouvez utiliser ce logiciel libre, sauf l'utiliser ». Bref, qu'OnlyOffice arrête de bricoler l'AGPL pour essayer de la rendre moins libre.
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 09/04/2026 à 11:30
Je vais le dire, et il faut le dire : C'est du VOL de code !
1  1 
Avatar de David_g
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 09/04/2026 à 15:26
Citation Envoyé par OuftiBoy Voir le message
Encore une fois, sans être expert, "Open Source" n'est pas la même chose que "Logiciel Libre" (de la FSF), cela ajoute encore à la difficulté de s'y retrouver, entre les "Logiciels Libres", les logiciels "Open Sources" et les quelques dizaines de type de licence. .
C'est tellement une erreur faite régulièrement (avec le classique, c'est open source donc je peux faire ce que je veux avec, et le c'est open source, on peut pas le "vendre").
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 12/06/2026 à 12:30
Beau message envoyé à l'open-source et aux petits dev : "Pour des considérations politiques, on vole vos projets".
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Avatar de suricata
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 12/06/2026 à 13:05
Je ne peux que saluer la volonté de l'UE de s'affranchir des solutions propriétaires en adoptant un fork d'une solution open source compatible avec la documentation existante. Ce que je regrette par contre, mais c'est excellent pour tout l'écosystème open source, c'est la diversité des solutions adoptées par les différents pays de l'UE et l'UE elle-même. Si tous les acteurs de l'open source vont bénéficier d'un apport à différents niveaux de leur suite office, un choix unique aurait été bénéfique pour unifier la communauté derrière un seul acteur et pousser la concurrence à un autre niveau. Ici nous avons 3 choix : Libre Office, Docs et Only Office. Cela prouve la vitalité du monde de l'open source et la diversité des solutions interopérables avec M$ 365. Mais rien n'empêche une unification à l'avenir derrière une seule solution commune aux pays européens. Avoir 450 millions de consommateurs globalement riches comparativement à la Chine, l'Inde ou la Russie est une force dont il faut profiter comme les USA profitent d'un marché de 350 millions de consommateurs. Il faut en profiter pour différentes raisons : souveraineté d'abord et avant tout pour ne pas être dépendant d'un acteur dont le gouvernement peut à tout moment couper le robinet; être un interlocuteur pesant 450 millions de personnes donne du poids dans les discussions diplomatiques autour des formats de document et donc dans l'adoption de standards alternatifs à celui arraché par un acteur privé au mépris du bien commun; s'unir derrière un projet commun diffusé pour 450 millions de consommateurs donne une force géopolitique face aux impérialismes d'où qu'ils viennent et donc renforce notre position sur l'échiquier mondial.

Sur un autre forum, j'avais lu une lettre ouverte à la ministre du numérique sur l'absence de solutions compatibles avec les formats existants, interopérables, souveraines et simples à mettre en œuvre. Là nous en avons 3 à l'échelle européenne qui remplissent ces conditions. Nous avons le choix des armes et le moins ayatollahs de tous réussira à s'imposer et pourra garantir notre souveraineté et notre indépendance face aux acteurs privés. Pour une fois que de bonnes nouvelles arrivent pour l'open source et l'Europe, ne boudons pas notre plaisir sans entrer dans des querelles de chapelles improductives.
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